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Animal en détresse : l’essentiel à savoir avant d’agir

En période estivale, avec les jours qui s'allongent, les sorties sont généralement beaucoup plus fréquentes, que ce soit de petits moments dans un jardin ou des randonnées en pleine nature, les chances de rencontrer des animaux sauvages sont aussi plus fréquentes. Et avec ces rencontres inopinées, souvent en période de reproduction, le risque de perturber voire de mettre en danger certains individus. En période hivernale, ce sont les conditions qui se durcissent et mettent à rude épreuve la faune sauvage. Comment détecter un animal en détresse ? A quel moment intervenir et quels gestes adopter ?


 

La biodiversité de notre planète souffre. Ainsi la Plateforme Intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) nous alerte sur le fait que les extinctions d’espèces sont 10 à 1000 fois plus rapides que le rythme naturel depuis ces 200 dernières années. Dans un tel contexte, il semble essentiel d’œuvrer au mieux à la protection des animaux sauvages, de leurs habitats et de leur apporter secours quand ils sont en situation de détresse. Pourtant les bonnes intentions et interventions peuvent parfois conduire à des complications sérieuses voire fatales. D'où l'importance de bien estimer chaque situation et d'adopter les bons gestes dans le sauvetage d’animaux sauvages en détresse


Avant de secourir un animal, il faut, en tout premier lieu, évaluer son état de détresse. Dans le cadre de nos webinaires, Gabrielle Bertrand de l’association La Belette revient justement sur cette problématique : de nombreux animaux, tels que des jeunes mammifères, sont souvent manipulés, déplacés, mal alimentés suite à une erreur d'appréciation de la situation. Ces interventions pouvant nuire à leur survie. Il est donc essentiel d’identifier et de distinguer les individus qui ont justement besoin d’aide (ou pas).


Peu ou mal informée, une personne non experte est susceptible de commettre des erreurs dans la prise en charge d’un animal ou d’adopter un biais cognitif, un comportement influencé par notre propre logique et non celle propre à l’espèce concernée : c’est ce que l’on appelle, dans l’étude du comportement animal (ou éthologie) l’anthropomorphisme.


L'exemple du lapereau croisé en pleine nature, seul dans les hautes herbes, est édifiant : en pensant qu’il est à la merci des prédateurs ou en danger de mort, l'animal est déplacé voire ramené au domicile. Pourtant, il s’agit d’une situation tout à fait normale !


Toutefois, il est important de souligner que la situation de détresse varie en fonction de l’espèce.


Mais alors qu’est-ce qu’une situation de détresse ? La notion de détresse suppose que les possibilités de survie de l’animal - dans son environnement naturel - sont beaucoup plus faibles voire amoindries, sans l’aide ou l’intervention humaine. Ainsi, un animal peut être blessé mais capable de survivre en milieu naturel. Les capacités de survie et la situation de détresse dépendront donc des spécificités de chaque espèce, du contexte et de la période de l'année.


Rencontrer un animal sauvage en détresse

Si vous pensez croiser un animal dans une situation de danger, gardez en tête certains principes avant toute intervention. Il faut tout d’abord savoir qu’il y a une législation en France interdisant aux particuliers bon nombre de pratiques telle que la détention et le soin aux animaux sauvages. Néanmoins il existe des dérogations pour celles et ceux qui capturent ces animaux dans le but de les confier à un centre de sauvegarde de la faune sauvage (et uniquement dans ce cas précis !).


Avant toute action, prenez le temps d’observer votre environnement afin de vous assurer que vous êtes en sécurité. En effet, même si la cause animale vous tient à cœur, veillez à ne pas prendre de risques inconsidérés et à vous mettre en danger. Par exemple en voulant porter secours à un jeune mammifère dont l'un des parents serait à proximité. Une analyse attentive de la situation, limitera ainsi les risques.


Une fois tout danger écarté, prenez en priorité contact avec un centre de sauvegarde, qui pourra vous conseiller, avant de procéder à une quelconque manipulation, L’accompagnement par des personnes qualifiées à prendre en charge la faune sauvage permettra également d’évaluer la situation de détresse de l’animal, d’identifier les vulnérabilités et les besoins propres à chaque espèce. Pour trouver le centre de sauvegarde pour la faune sauvage le plus proche de vous, consultez l’annuaire des centres de soins. Si vous n’avez pas la possibilité de réaliser cette prise de contact en amont de toute intervention (jour férié, absence de réseau…), voici les critères à prendre en compte dans la caractérisation d’un animal en détresse.


Reconnaitre un animal sauvage en détresse

Deux principaux cas de figure se rencontrent : l’animal est adulte ou a un jeune âge.

  • Chez l’adulte : Dans ce cas, l’état de détresse est facilement identifiable, car l’individu se laissera facilement manipuler et aura une blessure visible ou sera malade.

  • Chez le jeune : Il est ici beaucoup plus compliqué de savoir si l’animal a besoin d’une aide ou pas, car les situations de détresse sont beaucoup moins évidentes et peuvent présenter des particularités. Mais de manière générale, les jeunes individus en détresse, qui ont des blessures importantes ou sévères, sont recouverts de parasites ou proches du cadavre de leur mère.


  • Pour les oiseaux : dans le cas de jeunes oiseaux sans plumes, tombés de leur nid, il est important de les remettre dans leurs nids d’origine ou bien de leur faire un nid de substitution dans la même zone et légèrement en hauteur. Ils seront ainsi protégés d’éventuels prédateurs qui se situent au niveau du sol. On trouve aussi dans cette catégorie les jeunes oiseaux plumés, qui contrairement à leurs homologues, ne sont absolument pas en situation de détresse et ne nécessitent donc aucune intervention. Leur phase d'émancipation intégrant un passage au sol, hors du nid, pendant laquelle les parents continueront de les nourrir.

  • Pour les mammifères : La situation est plus délicate, car les jeunes ne régulent pas leur température corporelle, et si l’animal est en détresse, cela peut lui être fatal. De plus, récupérer ces animaux et les déplacer dans un centre de sauvegarde peut grandement affecter leurs chances de survie (d’où la nécessité d’une intervention et d’une prise en charge du mammifère strictement limitées à une situation de détresse certaine ou d’extrême urgence). Il est ainsi conseillé de faire preuve d’un peu de patience et d’attendre, en observant, le retour de la mère ou des parents. Sans pour autant rester trop longtemps autour du jeune : cela compromettant grandement les chances de retour de la mère ou des parents. En attendant leur arrivée et durant ce temps d'observation, vous pouvez tout de même placer une bouillotte ou un contenant rempli d’eau chaude contre les jeunes mammifères, pour éviter le risque d’hypothermie.

  • Pour les reptiles et amphibiens : Les jeunes individus sont autonomes, ainsi, il ne faut agir que lorsque l’animal est mal en point (malade, manque d’énergie ou blessé).


Transporter un animal sauvage en détresse


Une fois ce premier diagnostic posé, l'objectif va être d'agir rapidement et d’amener l’animal dans un centre de sauvegarde de manière à ce qu’il ait le plus de chance de survie. Bien sûr toujours sans se mettre soi-même en danger. Un animal, même dans une telle situation, peut mobiliser énormément d’énergie. Ainsi, si vous avez des craintes ou n’êtes pas sûr de votre geste,, il est préférable d’appeler des spécialistes tels que les pompiers ou l’agence de l’OFB (Office française de la biodiversité). Vous permettrez ainsi de limiter les manipulations de l’animal et de maximiser ses chances de survie. Il est en effet primordial de limiter le stress imposé à la faune sauvage, notamment durant l’intervention, car celui-ci peut s'avérer mortel pour certaine espèces. Le stress étant l’une des premières causes de mortalité lors de soins, il est primordial de le réduire au maximum en faisant le moins de bruit possible et en agissant efficacement.


Lors de la manipulation il est nécessaire de se protéger, en portant des gants (qui permettront aussi de ne pas transmettre de mauvais germes à certains amphibiens). Il est aussi conseillé d’utiliser une serviette ou une couverture pour pouvoir capturer plus facilement l’animal. En fonction des espèces, certaines parties du corps peuvent être particulièrement fragiles : c'est notamment le cas des Gliridés, ces petits rongeurs dont la queue peut se détacher.


Un animal blessé peut aussi déployer des trésors d'énergie : attention à ne pas être blessé en retour ! Et en cas de danger, il est préférable de ne pas intervenir.


De manière générale, lors de la capture, essayez de tenir fermement avec vos gants les parties qui empêcheront l’animal de se défendre (serres des rapaces, bec des piscivores ou mâchoire des mammifères). Pour les serpents, privilégiez plutôt un objet tel qu’un crochet au bout d'une perche pour pouvoir le mettre dans sa boite en toute sécurité.


La boite que vous utiliserez pour transporter l’animal doit être adaptée à sa taille et à sa nature. Une boite en plastique percée de trous pour un lapin qui peut ronger le carton par exemple ou alors une petite boite en carton avec une bouillotte pour un jeune petit mammifère qui ne peut encore réguler sa température. Pensez à indiquer sur une feuille la date, le lieu et le contexte dans lequel l’animal a été découvert afin de faciliter le travail des soigneurs ou des vétérinaires. Une fois l’animal confié au centre de sauvegarde, il sera hospitalisé pour être ensuite rééduqué et relâché dans la nature. Surtout ne tentez pas de le prendre en charge vous-même, de le nourrir ou encore de conserver à domicile.




Ces gestes contribuent fortement à la sauvegarde de la faune sauvage mais ne peuvent suffire à eux seuls. L’idéal reste de les allier à une réelle volonté de préservation des milieux naturels. Comme le rapelle le site de l'Etat français, les pressions menaçant la biodiversité en France sont majoritairement d’origine humaine. On retrouve notamment l’artificialisation des sols, la pollution lumineuse ou encore l’agriculture intensive. Il est aujourd’hui très important d’adosser nos gestes du quotidien à des politiques engagées en faveur de la préservation de la faune sauvage, à l’échelle du territoire national. Bien que certaines mesures soient déjà prises aujourd’hui, un grand nombre d’espèces sauvages sont particulièrement en danger : selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), 17,6 % des 13 842 espèces animales indigènes présentes sur le territoire français évaluées sont menacées. Il semble aujourd’hui primordial, dans ce contexte de déclin de la biodiversité, d’accentuer les efforts politiques de préservation de la faune sauvage.

 

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