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Mobilités douces en ville : quels enjeux ?

La mobilité douce en milieu urbain a récemment gagné en popularité dans les médias. Dans un monde de plus en plus urbanisé, où les embouteillages, la pollution de l'air et le stress liés à la conduite sont courants, les modes de déplacement alternatifs prennent de plus en plus d'importance. La mobilité douce se révèle être une solution intelligente pour relever ces défis urbains. Dans cet article, nous allons explorer les enjeux de la mobilité douce en ville et pourquoi elle mérite une place de choix dans nos déplacements quotidiens.


 

La Mobilité Douce : De quoi parle-t-on ?


La mobilité douce fait référence aux déplacements non ou peu carbonés, qui émettent moins de gaz à effet de serre (GES) que l'usage de véhicules motorisés individuels. Elle englobe principalement la marche, le vélo, la trottinette et le skateboard, mais plus généralement tout moyen de mobilité, collectif ou individuel, contribuant à une baisse des émissions de CO2. Ces moyens de transport ont en commun leur impact environnemental minimal, leur contribution à un mode de vie actif et leur adaptabilité aux espaces urbains.


En France, une enquête conduite par le ministère de la transition écologique a montré une évolution de 2008 à 2019 dans les pratiques de mobilité au profit de la mobilité douce : le recours à la voiture a reculé au profit de la marche à pied et des transports en commun. La mise en place de Vélib’, et autres solutions de vélos partagés, a également permis de développer la pratique urbaine du cycle pour les trajets quotidiens en particulier dans les centres villes de plus de 100 000 habitants. D'ailleurs, avec l'évolution rapide de la mobilité douce, il n’est pas surprenant de voir des hippomobiles se frayer un chemin dans nos agglomérations, offrant un moyen de transport à la fois écologique et pittoresque.


Toutefois, la mise en place de politiques d'aménagement appropriées est indispensable. En 2021, une enquête de Statista a révélé que plus de la moitié des citoyens français estiment ne pas avoir un arrêt de tramway ou de métro suffisamment proche de chez eux pour une utilisation quotidienne, tandis que 30 % expriment des préoccupations similaires concernant les arrêts de bus. Le Baromètre de la Mobilité mené par Ipsos en mars 2023 souligne également que les Français semblent moins enclins que les Européens à se passer de voiture puisque parmi les propriétaires, seulement 24% d’entre eux l’envisage dans le futur contre 32% pour les Européens. Afin de remédier à cette situation, des mesures publiques sont indispensables, car la promotion de la mobilité écologique implique également une politique d'aménagement du territoire visant à encourager ces modes de déplacements respectueux de l'environnement.




Actions publiques mises en place pour développer la mobilité douce


Dans ce cadre-là, la loi d'orientation des mobilités en France, promulguée en décembre 2019, vise à transformer les transports pour les rendre plus pratiques, économiques et écologiques. Elle prévoit d'importants investissements dans les transports du quotidien, encourage de nouvelles solutions de mobilité, et fixe des objectifs ambitieux pour la transition vers une mobilité plus propre, tout en instaurant un financement équitable pour les transports.


En parallèle, le gouvernement français a annoncé un nouveau Plan vélo de 2 milliards d'euros jusqu'en 2027 pour promouvoir justement la mobilité douce. Le plan vise à étendre le réseau de véloroutes, augmenter les aides à l'achat de vélos neufs ou d'occasion, encourager la réparation des vélos, et former 850 000 enfants à la pratique du vélo. Cette initiative s'inscrit dans une vision plus large visant à faire du vélo l'un des principaux modes de transport au quotidien, avec des objectifs ambitieux pour la France en tant que destination touristique cyclable de premier plan d'ici 2030.


Le Parlement européen plaide également en faveur d'une stratégie vélo européenne, mettant l'accent sur la nécessité de développer des infrastructures cyclables sécurisées, des campagnes de sensibilisation, et des règles pour une pratique plus sûre. Les députés encouragent également des mesures économiques, notamment une baisse de la TVA sur le matériel cycliste, pour favoriser la croissance de l'industrie du vélo et créer des emplois verts. Cette stratégie s'aligne sur les objectifs de la Commission européenne pour une "Mobilité efficace et verte" et contribue à la réduction des émissions de carbone dans le secteur des transports.


Des mesures locales ont également vu le jour. Le centre-ville de Poitiers - comme de nombreuses métropoles - a par exemple accueilli récemment une " journée sans voiture " pour promouvoir ces alternatives. Les véhicules étaient interdits dans la zone de 11 heures à 18 heures. Des activités et une vélorution (manifestation revendicative et festive de cyclistes pour promouvoir la mobilité douce) ont été organisées pour sensibiliser les citoyens à cette initiative portée par des adolescents axée sur l'écologie. Bien que certains aient rencontré des difficultés de stationnement, la majorité des participants a accueilli favorablement cette journée et espère un renforcement des transports en commun pour réduire la dépendance à la voiture.




Un engagement territorial encore timide


En 2018, l’ONG Greenpeace avait évalué dans un Panorama Mobilité Durable les efforts des grandes villes françaises en matière de mobilité durable. Bien que certaines villes, comme Strasbourg et Nantes, se démarquaient par leurs initiatives de mobilité douce, la plupart des métropoles peinaient à réduire la dépendance à la voiture individuelle et à promouvoir des alternatives. Les mesures telles que les zones de circulation restreinte permanente (ZCR) étaient encore rares, Paris et Grenoble étant les seules villes à les avoir instaurées.


Il est pourtant essentiel de combiner la réduction de la circulation des véhicules polluants avec la promotion des alternatives pour réussir une transition vers une mobilité plus durable. Il reste encore de nombreux défis à relever, notamment dans les quartiers périphériques et les agglomérations voisines, où de nombreux déplacements courts se font toujours en voiture.


L’ONG a pris l’exemple du cas du Luxembourg pour illustrer les limites des actions publiques, qui peut être copié sur le système français. En effet, malgré des mesures pour rendre les transports accessibles, le Luxembourg n'a pas encore réduit le trafic routier ni découragé l'usage excessif de voitures. Selon Greenpeace, des mesures fiscales, telles qu'une taxe à l'achat pour les voitures polluantes et la promotion du covoiturage pourraient aider. De plus, repenser la fiscalité des voitures de société serait bénéfique pour investir dans des solutions durables. La gratuité des transports en commun est positive mais pourrait être renforcée par une hausse du coût de la voiture. Le Luxembourg doit ainsi intensifier ses efforts pour résoudre ces problèmes de mobilité et environnementaux.



Les mobilités douces, quels avantages ?


Ce type de mobilité offre de multiples avantages tant économiques, que sanitaires et bien sûr environnementaux tels que :


  • Avantage n°1 : Réduction de la pollution de l'air

L'un des avantages les plus évidents de la mobilité douce est la réduction de la pollution de l'air. Les véhicules à moteur, en particulier les voitures, émettent des gaz nocifs pour l'environnement et la santé humaine. En optant pour la mobilité douce, vous pouvez contribuer à réduire ces émissions de gaz à effet de serre. En effet, en 2019, l’origine de la plus grande part des émissions de CO2 par personne en France reste l’utilisation de la voiture. La façon la plus évidente de réduire les émissions nocives dans l’air est donc de limiter l’utilisation des voitures thermiques, très polluantes. Dans ce cadre-là, Airparif, observatoire régional de la qualité de l'air, recommande de privilégier les mobilités douces, comme la marche à pied et le vélo.


  • Avantage n°2 : réduction de la dépendance à l’égard des combustibles fossiles

En encourageant la mobilité douce, les collectivités peuvent réduire leur dépendance aux combustibles fossiles, ce qui les rend moins vulnérables aux fluctuations des prix du pétrole et contribue à la transition vers une énergie plus propre et renouvelable. Cette évolution est en phase avec les aspirations d'une part significative de la population, symbolisée par les 36 % des Français qui - en 2021 - considéraient l'acquisition de véhicules électriques ou hybrides comme une démarche essentielle pour atténuer l'impact environnemental de leurs déplacements quotidiens (source Statistica).


  • Avantage n°3: Amélioration de la santé

La mobilité douce offre également des avantages pour la santé. Marcher et faire du vélo sont d'excellentes formes d'exercice, contribuant à renforcer le système cardiovasculaire et à améliorer la santé mentale. Selon Planète Santé, c’est d’ailleurs l’effort léger qui est le plus bénéfique pour la santé cardiaque et la perte de poids. En incorporant ces activités dans votre routine quotidienne, vous pouvez réduire le risque de maladies liées au mode de vie sédentaire.


  • Avantage n°3 : Réduction des embouteillages

Les embouteillages urbains sont une source majeure de stress pour de nombreuses personnes. En optant pour la mobilité douce, vous contribuez à la réduction de la congestion routière. Moins de voitures sur la route signifient des déplacements plus fluides, des temps de trajet plus courts et moins de frustration pour tout le monde.


  • Avantage n°4 : Économie budgétaire

Conduire une voiture peut être coûteux, entre l'achat, l'entretien, l'assurance et le carburant. La mobilité douce, en revanche, est beaucoup plus économique. Une simple paire de chaussures de marche, un vélo en bon état ou l'utilisation des transports en commun sont des investissements minimes comparés aux dépenses associées à la possession d'une voiture. De plus, vous économiserez sur les frais de stationnement et de péage. Le baromètre mobilité 2023 développé par Ipsos met en évidence le fait que les changements d'habitude sont liés à une volonté pour un Français sur deux de maîtriser son budget transport qui s’élève en moyenne à 145 € par mois. Et certaines métropoles vont plus loin ! A Lyon, l'application Vazy récompense les utilisateurs qui choisissent la mobilité douce (vélo, marche, trottinette) en cumulant des points échangeables contre des réductions chez des commerçants locaux à Lyon. Elle encourage ainsi l'adoption de modes de transport plus écologiques en offrant des incitations financières.


  • Avantage n°5 : Création d'espaces urbains conviviaux

Marche et vélo en ville apportent une atmosphère plus conviviale et agréable. Les espaces publics deviennent plus accessibles, encourageant les rencontres sociales et renforçant le sentiment de communauté. Les zones urbaines qui encouragent la mobilité douce sont souvent plus agréables à vivre. Les trottoirs larges et les pistes cyclables créent un environnement urbain plus convivial, favorisant également la vitalité économique des quartiers.





Les prochains défis de la mobilité douce


L’adoption de la mobilité douce peut également s’avérer plus complexe en zone rurale en raison du manque d’infrastructures et de services transports disponibles. La mobilité rurale nécessite des améliorations selon la loi LOM, tels que le développement de la mobilité partagée, l'intermodalité, les véhicules à faibles émissions, le vélo, le pédibus, et le Transport à la Demande pour une meilleure accessibilité en zones rurales.


Les mini-bus électriques en train, les " robot-taxis " autonomes, et les navettes automatisées, se présentent comme des solutions écologiques pour résoudre le défi du " premier ou dernier kilomètre " en zones péri-urbaines. Ces avancées visent à faciliter les déplacements des usagers qui résident à plus d'un kilomètre des transports en commun. Les nouvelles générations, de moins en moins attachées à la possession d'une voiture, sont particulièrement ouvertes à ces alternatives. Bien que certaines de ces innovations soient déjà en service, l'utilisation à grande échelle demeure un défi technologique à relever.


Dans le même temps, le développement de la mobilité douce est essentiel pour la transition énergétique du secteur des transports.


Pour l’association, le Réseau Action Climat qui les trois piliers essentiels de la transition énergétique dans le secteur des transports, il faut tout d'abord revoir l'aménagement urbain afin de limiter l'étalement urbain. Il en découle naturellement la réduction de la nécessité de déplacements. Cela nécessite un réaménagement de l'espace public en faveur des modes de transport alternatifs à la voiture, ainsi qu'une coordination étroite entre les différentes politiques d'aménagement, d'urbanisme et de transport. Enfin, la relocalisation de la production et de la consommation peut également contribuer à réduire les émissions en amont.


En parallèle, la transition exige une évolution rapide vers des véhicules n'utilisant pas d'énergies fossiles, ainsi qu'une amélioration significative de l'efficacité énergétique des véhicules existants pour réduire la consommation de carburant.


Enfin, il est nécessaire de promouvoir des changements de comportements vers des modes de transport plus respectueux de l'environnement, notamment, pour les marchandises, avec le fret ferroviaire, le transport par voie d'eau ou les livraisons par vélo-cargo. Pour les déplacements individuels, privilégier les transports en commun, le vélo ou la marche à pied devrait être encouragé et facilité. Une approche qui vise à réduire la quantité de moyens de transport nécessaires, et à se déplacer de manière plus efficiente.


En résulte des avantages économiques, sanitaires, sécuritaires, et environnementaux, tout en contribuant à réduire la congestion urbaine et à revitaliser les centres-villes.




La mobilité douce offre une multitude d'avantages, allant de la réduction de la pollution de l'air à l'amélioration de la santé individuelle, en passant par la réduction des embouteillages. En optant pour des modes de déplacement non motorisés, vous contribuez à créer un environnement plus sain, plus agréable à vivre et plus durable pour le vivant.


Et si nous envisagions un avenir de la mobilité différent ? Un avenir où remettre en question notre dépendance aux véhicules motorisés pour nous tourner vers des modes de déplacement plus doux serait désirable. Après tout, la technologie n'est pas nécessairement la seule solution pour construire un avenir de mobilité plus durable et plus agréable pour les générations futures.


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