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L’artificialisation des sols : un fléau pour la biodiversité (1ère partie)

Dernière mise à jour : 23 août 2025

Selon Antoine de Saint Exupéry, « nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants ». Mais cette Terre a connu de nombreuses modifications, notamment du fait de l’activité humaine, qui ont pu la fragiliser elle et ses sols. L’un des phénomènes les plus importants concernant les sols est l’artificialisation.




Selon le Ministère de l'environnement, de l'énergie et de la mer, l'artificialisation désigne « toute surface retirée de son état naturel, forestier ou agricole, qu'elle soit bâtie ou non et qu'elle soit revêtue ou non ». Les zones artificialisées s'opposent aux espaces agricoles, milieux naturels et zones humides/surfaces en eau. Les zones artificialisées regroupent le tissu urbain continu et discontinu, les zones industrielles et commerciales, les infrastructures de transports, les activités d'extraction, chantiers, décharges ainsi que les espaces verts urbains et équipements de loisirs. En France, il y a entre 20 000 et 30 000 hectares d’espaces naturels, agricoles et forestiers consommés chaque année, c’est quatre fois plus important que l’accroissement de la population. Ce phénomène, en plus de son ampleur, est une véritable menace pour la santé de nos sols. Cependant, il faut déjà expliquer pourquoi on artificialise autant les sols et quelles en sont les conséquences ? Nous verrons aussi qu’il existe des solutions pour limiter ce phénomène et ses conséquences.



Les raisons de l’artificialisation des sols


Avant tout, il est nécessaire de distinguer différentes notions qui s’entrecroisent lorsqu’on aborde le sujet de l’artificialisation : l’imperméabilisation, la construction et l’étalement urbain.


  • L'imperméabilisation consiste à recouvrir un sol d'un matériau imperméable à l'eau et l'air, tel que l'asphalte ou le béton (routes, voies ferrées, parkings, constructions...). Les surfaces imperméabilisées constituent la forme d’artificialisation la plus extrême. Cependant les surfaces artificialisées incluent également les sols nus enherbés (jardins pavillonnaires, équipements sportifs, bas-côtés routiers, carrières...). Ainsi, environ 50% des sols artificialisés étaient en 2022 des "sols enherbés artificialisés" selon Insee (l’Institut national de la statistique et des études économiques). Ces surfaces importantes (1,6 million d'hectares) correspondent principalement aux espaces verts, aux zones récréatives et de loisirs et aux jardins particuliers. Les impacts environnementaux de ces couvertures végétales ne sont pas de même nature que ceux liés à des couvertures minérales de type "sols bâtis". Ils diffèrent également de ceux liés à la partie strictement imperméabilisée des 2,5 millions d'hectares de "sols revêtus ou stabilisés", qui correspond aux voiries et infrastructures de transports ou aux parkings, cours d'immeubles, etc. La présence de ces sols à couverture végétale insérés dans un tissu de sols imperméabilisés a pour vertu de réduire les impacts environnementaux de ces derniers, notamment en matière de biodiversité animale et végétale, d'hydrologie urbaine, de trame paysagère, de climat-urbain, etc.


  • La construction n’implique pas forcément l'artificialisation puisqu'il est possible de construire sur des terres déjà artificialisées, c’est ce qu'on appelle le renouvellement urbain.


  • On parle également d’étalement urbain pour désigner l’artificialisation, notamment quand celle-ci est plus rapide que la croissance de la population – une artificialisation plus modérée étant désignée de préférence par le terme expansion urbaine. Dans tous les cas, cela implique l'augmentation progressive de la superficie d'une ville.




Ensuite, il est important de voir pourquoi on artificialise les sols. La première cause de l’artificialisation est l’accroissement du nombre de ménages, dû à l’augmentation de la population, mais surtout à la réduction de la taille des ménages. Certains territoires situés notamment autour des métropoles et sur le littoral atlantique, consomment beaucoup plus d’espaces que la plupart des zones rurales qui font l’objet d’une demande moins importante en matière de logements ou d’activités. Pour autant, l’artificialisation n’est pas que le fait de territoires économiquement et démographiquement dynamiques : en dix ans, 10 % de l’artificialisation pour l’habitat a été réalisée dans des communes qui perdaient des ménages.


En plus de l’accroissement du nombre de ménages, il faut faire face au phénomène d’étalement urbain. Les surfaces urbanisées s'étendent en périphérie des villes du fait de l’augmentation des prix du foncier en centre-ville, de l’attrait des ménages pour l'habitat individuel ou encore de la recherche d’un meilleur cadre de vie. Selon l’Insee, il faudra 300 000 à 400 000 nouveaux logements par an dans les années 2020. En ce qui concerne les logements vacants à mobiliser ou à réhabiliter, le problème est que la réserve est faible. Les ménages préférant des logements neufs à des logements anciens, ceux-ci restent alors vacants quand ils sont dégradés et donc assez coûteux à rénover. À cela s’ajoute la sous-exploitation du bâti existant : la vacance de logements concernait 8% des logements en 2015 (Insee). De plus la vacance de commerces dans les villes moyennes ou encore le développement de résidences secondaires contribuent aussi à la demande de logements neufs et donc à l’artificialisation des sols. Par ailleurs, l’étalement urbain affecte la qualité de vie. Les personnes doivent passer plus de temps dans les transports en commun ou davantage emprunter leurs véhicules motorisés. Elles consomment donc plus d’énergie et amplifient leurs émissions de gaz à effet de serre et de polluants dans l’air. En cas de perte d’emploi, les salariés ont également plus de difficultés à renouer avec le marché du travail quand ils sont éloignés des zones d’activités. L’étalement urbain et la construction en périphérie des villes renforcent également la fracture sociale déjà présente en reléguant une partie des habitants à l’écart du centre-ville, provoquant sa désertification et la dévalorisation des petits commerces.




Par ailleurs, ce phénomène d’étalement urbain nécessite la multiplication d’infrastructures de transports, de services et de loisirs, ce qui entraîne un bétonnage plus important des espaces naturels. Les infrastructures de transports représentent le deuxième facteur d’artificialisation derrière la construction d’habitats avec respectivement 28% des surfaces artificialisées liées au transport et 42% à l’habitat. La France métropolitaine bénéficie du réseau routier le plus important d’Europe en cumulant 1073 milliers de km (contre 644 pour l’Allemagne qui occupe la seconde place). Le secteur des transports cumule plus de 50 nouveaux projets routiers contestés pour un coût total estimé à près de 18 milliards d’euros.

Une autre cause de l’artificialisation, moins impactante, mais tout de même significative est l’e-commerce. Avec le développement des méga-entrepôts, ils représentaient entre 80 et 90 hectares par an entre 2000 et 2019, soit 1% des flux annuels moyens d’artificialisation. Même si cela peut sembler minime, les entrepôts occupent généralement des surfaces importantes, mais surtout, ils génèrent un flux de camions conséquent, qui vont à leur tour nécessiter des infrastructures pour circuler… Enfin, le développement du e-commerce est considéré comme un des facteurs de la vacance commerciale des centres-villes. En effet, avantagé par rapport aux commerces traditionnels, il bénéficie d’un régime fiscal attractif et n’est pas soumis à autorisation d’exploitation commerciale.


L’artificialisation des sols n’est donc pas le fruit du hasard : elle résulte de dynamiques démographiques, économiques et sociales qui transforment durablement nos territoires. Mais au-delà des causes, ce sont surtout les effets qui inquiètent : fragmentation des milieux, perte de terres agricoles, pollutions, émissions de gaz à effet de serre… Autant de phénomènes qui fragilisent nos écosystèmes et notre qualité de vie. Pour comprendre l’ampleur du problème, il faut désormais se pencher sur ses conséquences environnementales.


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